PROVERBES OCCITANS

LA BISE ET L'AUTAN

BERNARD VAVASSORI

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ha

¬∑        Ha ! Mot servant en Gascogne √† faire avancer les attelages de vaches ou de bŇďufs. (Gasc. : Ha !).

habillé

        √ätre habill√© de gris comme un br√Ľleur de maison (un pyromane) (Estre abilhat de gris coma un brulaire d'ostal).

haie

¬∑        Plus les haies sont basses, mieux on les enjambe : Ne courons pas de risques inutiles ! Ou bien : "A vaincre sans p√©ril on triomphe sans gloire" (Corneille). (MM.: Au-mai soun basso li baragno au-mai li passon soubre)

hardi

        Hardi petit ! Avec le sang du papy ! : En avant, avec l'√©nergie de nos anc√™tres ! (Ardit petit ! La sanqueta del pepi !).

        Hardi comme un chat maigre (Ardit coma un cat magre).

        Hardi comme un coq sur son fumier (Ardit coma un gal sus son femori√®r).

hareng

        √ätre maigre comme un hareng s√©ch√© : √ätre maigre comme un clou (Estre magre coma una arencada).

¬∑        Un hareng sur le pain vaut mieux que pigeon qui vole: Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. (Val mai una arencada sus lo pan qu'un pijon que vola).

haricot

        C'est un bourre-haricot (ou bourre-soupe) : C'est un vorace, un glouton (Es un borra-monjas ‚Äď borra-sopa).

herbe

        Mauvaise herbe ne cr√®ve jamais (Missanta √®rba jamai no creba).

        Herbe-de-brigands : MM. : Jusquiame noire, narcotique. Les voleurs se servaient de sa graine pour endormir ceux qu'ils voulaient d√©pouiller. On l'appelle aussi Herbe-des-morts car elle pousse dans les cimeti√®res et Herbe-du-mal-aux-dents car ses graines jet√©es sur des charbons ardents produisent une fum√©e qui, re√ßue dans un entonnoir renvers√©, apaise le mal-aux-dents. (Erba-de-bregands).

        Herbe-des-chats : Menthe sauvage. MM.: Les chats aiment s'y vautrer , sp√©cialement √† la saison des amours (Erbo di cat, mentastre).

        Herbe-d'enfer : N√©nuphar (MM.: Erbo d'inf√®r : ninf√®ro).

¬∑        Herbe-aux-poux ou √©trangle-chien : Colchique d'automne dont la racine tue les poux. (MM.: Erbo-di-pesou : estranglo chin).

        Herbe-aux-panaris : Sceau de Salomon dont la racine, en cataplasme, passe pour gu√©rir le panari (MM.: Erbo-di-pan√†ri : erbo de la roumpeduro).

        Herbe-du-chagrin : MM.: Myrte, ainsi nomm√©e en Languedoc, car on en couronne le chapeau de nouvelles mari√©es. (Erbo-d√≥u-langui : nerto).

        Herbe-des-teigneux ou dentelaire : MM.: Passe pour gu√©rir la teigne (Erbo-di-rascas).

        Herbe-des-m√Ęles : MM.: Arroche glauque, qui calme les coliques hyst√©riques des hommes (Erbo-d√≥u-maclun : arm√≤u).

¬∑        Herbe-des-papillons : MM.: Jonc √† fruit lustr√© √† qui les bergers attribuent la naissance de la douve du mouton. (Erbo-de-la-parpaiolo).

¬∑        Herbe-du-tonnerre ou barbe de Jupiter : MM.: Joubarbe des toits consid√©r√©e en Languedoc comme pr√©servant du tonnerre. (Erbo-d√≥u-tron o barbaj√≤u).

        Herbe-de-la-Joie ou pimprenelle : MM.: Plante fabuleuse qui figure dans les contes o√Ļ un fr√®re est toujours tu√© par un autre (Erbo jouiello o pimpinello).

heure

        L'Ňďuf d'une heure, le pain d'un jour, le vin d'un an, le poisson de dix, la femme de quinze, l'homme de trente : Un Ňďuf est excellent lorsqu'il vient d'√™tre pondu, le pain ne vaut rien s'il date de la veille, le poisson est calibr√© s'il a quelques ann√©es, la fille est belle √† quinze ans et l'homme doit attendre quinze ans de plus pour √™tre enfin beau √† son tour ! (L'u√≤u d'un'ora, lo pan d'un jorn, lo vin d'un an, lo peis de d√®s, la fenna de quinze, l'ome de trenta).

heureux

        Est riche qui peut, sage qui sait, heureux qui veut : ‚Ķ et comme disait le sage, " si tu veux √™tre heureux, sois-le !"   Le bonheur d√©pend plus de soi-m√™me que des contingences. (MM.: Es riche quau p√≤u, urous quau saup, sage quau v√≤u).

        Ann√©e heureuse : Ann√©e de prosp√©rit√© (Occ. Annada urosa).

        Heureux celui qui s'en croit ! : Il a un bon esprit (Gasc. SP. : Uro√Ļs qu'ey lou qui s'en cr√©t).

        Heureux comme un pou sur la peau (Gasc. SP.: Uro√Ļs coum √Ľ pedo√Ļlh en perisse).

¬∑        Heureux  de vivre comme une cigale : Oui, mais quand l'hiver arrive elle s'en va crier famine chez la fourmi sa voisine !  (Ur√≥s de viure coma una cigala).

        Heureux comme un chien qui s'√©trangle : Malheureux  (Ur√≥s coma un chin que s'estrangla).

        Veux-tu √™tre heureux au moins un jour ? Habille-toi de blanc ou fais l'amour ! Logiquement, si tu veux √™tre heureux tous les jours habille-toi de blanc et fais l'amour tous les jours ! (Vos estre ur√≥s un jorn ? Pren linge blanc o fai l'amor !)

hirondelle

        Les hirondelles portent bonheur aux maisons o√Ļ elles vont nicher (Gasc. : Las irongletas portan bonur a las maisons on van niserar).

¬∑        Il fait comme l'hirondelle, il gagne sa vie en volant : Jeu de mots : c'est un voleur. (Fai coma la dindoleta, ganha sa vida en volant)

hiver

        L'hiver n'est jamais b√Ętard ; s'il n'arrive pas t√īt il arrive tard : Il n'y a pas d'hiver sans froid (Gasc. : L'hiuer qu'es pas jam√®s bastard ; s'arriba pas l√®u, arriba tard).

homme

Curieusement, dans les multiples ouvrages consacrés aux proverbes, les pages réservées aux hommes sont rares et renvoient le plus souvent aux femmes ou aux problèmes que celles-ci leur occasionnent. Aussi nous contenterons-nous de ceux-ci :

        Mieux vaut pain dans la paneti√®re que bel homme dans la rue (Val mai pan a la panatiera que bel ome a la carriera).

        Assez de gens mais peu d'hommes : Il y a beaucoup de personnes ordinaires, mais peu d'hommes dignes de ce nom. (Pro gent, ma pauc d'ome).

honte

        La honte (ou la vergogne) :  il s'agit de la honte de parler occitan transmise par l'√©cole de Jules Ferry interdisant les parlers locaux au profit du fran√ßais. Les anciens ont du mal √† comprendre que l'occitan soit r√©appris dans les √©tablissements scolaires de nos jours alors qu'ils avaient √©t√© punis pour l'avoir parl√© √† l'√©cole. Les bourgeois du d√©but du XX¬į si√®cle pensent que pour para√ģtre, il vaut mieux parler fran√ßais. L'occitan devient la langue des gens modestes. Le complexe de l'accent et de la langue s'installe. On franchimande  (on imite le parler du nord de la France tout en gardant une phrase fortement teint√©e d'occitanismes) (La vergonha).

h√ītelier

¬∑        Quand l'h√ītelier est sur sa porte, il n'y a personne dedans : ‚Ķ il n'y a pas de client √† l'int√©rieur du restaurant, et cela est tr√®s mauvais signe. Notons qu'√† la campagne l'on dit (ou l'on disait) "nous avons mang√© √† l'h√ītel" pour "nous avons mang√© au restaurant". (Quand l'oste es sus la porta marca que i a res dedins).

        Ne demande pas √† l'h√ītelier s'il a du bon vin : car quoi qu'il arrive il te dira que tout est bon chez lui. (Non demandes a un oste s'a de bon vin).

huile

        √áa y fait comme de l'huile √† la lampe : C'est tr√®s efficace (Aqu√≤ i fa coma l'oli al cadelh).

        Ils se ressemblent comme deux gouttes d'huile : Ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau (Se semblan coma dos teches d'oli).

        Huile de souche : Jus de la treille (vin) (Oli de gav√®l / soca).

        Co√Ľter plus cher en huile qu'en m√®che : Co√Ľter plus cher en vin qu'en victuailles (se dit de celui qui boit beaucoup et mange peu) (Es pus car en √≤li qu'en m√®ca).

        Jeter son huile : Perdre son temps (Escampar son √≤li).

        N'y mettre ni sel ni huile : Parler cr√Ľment (Metre ni sal ni √≤li).

        Nager dans l'huile : Jubiler, √™tre aux anges. Aujourd'hui on dirait : √áa baigne ! (Nadar dins l'oli).

I

 

ici

        D'ici √©tant : De l√† o√Ļ je me trouve. Ex.: D'ici √©tant je vois le village. (D'aqu√≠ estant).

        Ici dedans : A l'int√©rieur de la maison (Aic√≠ didins).

ignorant

        Ignorant comme une savate carr√©e (Recherche savate carr√©e pour mener mon enqu√™te) (Ignorant coma una sabata carrada).

ignorer

        Qui ne sait ignorer ne sait pas vivre : Il faut savoir √™tre g√©n√©reux et magnanime devant les petites faiblesses des autres. (MM.: Quau noun saup ignoura saup pas vi√®ure).

imbécile

        Mieux vaut passer pour un imb√©cile que pour un fou : Faut voir‚Ķ(Gasc. : Vau milhor passar per p√®c que per hol).

importun

¬∑        Importun comme une cigale : Quand on a fr√©quent√© longtemps le nord de la France, on a h√Ęte de retrouver le chant des cigales. Quand on passe l'apr√®s-midi sous les pins en plein cagnard de juillet, il se peut que ce m√™me chant se r√©v√®le quelque peu importun. A la longue.  (Importun coma una cigala).

indigné

        Indign√© comme la cr√™te d'un coq (Indinhat coma la cresta d'un gal).

        Indign√© comme une sardine cuite (Indinhat coma una sarda cu√®cha).

innocent

        Innocent comme un diable de quatre ans (L'innocence d'un diable de quatre ans est toute relative, car √† cet √Ęge les diables ont d√©j√† une exp√©rience consid√©rable !)  (Innocent coma un diable de quatre ans).

inquiet

        Tout fait vieillir un inquiet : Le moindre souci tourmente un inquiet, et les soucis font vieillir pr√©matur√©ment, c'est bien connu ! (Un inqui√®t se fa viei de tout).

¬∑        Inquiet comme un chien amoureux : ‚Ķ qui craindrait que l'on lui vole sa ch√©rie. (Inquiet coma un chin amor√≥s).

¬∑        Inquiet comme un chat qui se noie : On le serait √† moins. (Inquiet coma un cat que se nega).

        Var.: Inquiet comme un chat ferr√© de coquilles de noix : Imaginons la d√©marche d'un chat √©quip√© d'une coquille de noix √† chacun de ses pieds ! (Inquiet coma un cat ferrat de clocas d'anogas).

ite, missa est

        Arriver √† l'ite missa est : Arriver quand tout est fini (Gasc. : Arribar a l'Ite missa est).

ivrogne

        Jamais ivrogne n'a connu de bon vin : Peu importe le vin pourvu qu'on ait l'ivresse !  (MM.: Jamai ibrougno a couneigu bon vin).

        Ivrognes et savants usent leurs lumignons : ‚Ķ mais pas pour les m√™mes raisons : les ivrognes comme les savants veillent tard la nuit, les uns pour boire, les autres pour leurs recherches, et usent leur lumi√®re (MM.: Lis ibrougno e li sav√®nt gausisson si lumen√†ri).

        Avec un ivrogne, rien que des coups (Gasc.: Dab un briac, sonque patacs).

        Un ivrogne se marie plus t√īt que les autres (Gasc.: Un briac que's marida mei l√®u que non pas los auts).

        Serment d'ivrogne (Gasc.: Sacrament d'ivronha).

        Appelez un ivrogne voleur, il ne se f√Ęche pas, mais ne l'appelez pas ivrogne (Gasc.: Aperatz un ivronha volur, se facha pas, m√®s non l'aperatz ivronha).

J

 

jaloux

        Un homme jaloux, c'est pire qu'un chien enrag√© (Un ome jal√≥s aqu√≤'s piri qu'un gos enrajat).

        √ätre jaloux comme une ch√®vre de sa queue (Estre jal√≥s coma una cabra de sa coa).

jamais

        Jamais je ne l'abaisserai ! : Exclamation de quelqu'un qui jure en levant le bras, pour appuyer son serment (Gasc.sp. : Jamey no√Ľ l'abacher√®y !  ).

jambe

        A jambes aidez-moi ! : Ventre √† terre (A cambas ajudatz-me ).

janvier

        En janvier ramasse les souches, tu les br√Ľleras en f√©vrier (En geni√®r  amassa las socas, las cremar√†s en fevri√®r).

        S'il tonne au mois de janvier, il y aura du bl√© √† pleins setiers (Le setier √©tait une mesure de grains) (Se trona al mes de geni√®r, i aura de blat a plens sesti√®rs).

        Janvier fait le p√©ch√©, et mars est accus√© : Beaucoup de d√©g√Ęts caus√©s par les intemp√©ries de janvier sont attribu√©s √† celles de mars (Gasc. : J√®r que h√® lo pecat e mars qu'es acusat).

        Au mois de janvier la terre est de fer : La terre est dure car la plupart du temps gel√©e (Gasc.: Au m√®s de j√®r, la t√®rra qu'√®s de h√®r).

jardin

        Il m'a jet√© une pierre dans le jardin ! : Il m'a offens√© ! (M'a tirat una peira dins l'ort !).

jardinier

        Chaque jardinier vante ses choux : On est fier de ce que l'on a soi-m√™me cr√©√© (Gasc. : Cada jardiner que vanta sos caulets).

jarret

        Il mangerait les jarrets d'un pr√©fet : Il est affam√© (Aquel galufro manjari√† los gar√≥s d'un pref√®cte : Cet affam√© mangerait les jarrets d'un pr√©fet !).

jaune

        Jaune comme pied d'oie (Jaune coma p√®d d'auquet).

        Voir Jaune cocu

Jean-Jeanne- Jeannot

        Il est comme Jean-le-maladroit qui vient sans qu'on aille le chercher ! : C'est un importun (Es coma Joan l'Esqu√®rre que ven sens l'anar qu√®rrer !).

        Jean de Loisir : Un fain√©ant (Gasc. : Joan de Lese)

        Jean Plan-Plan : quand il y va on dirait qu'il revient (Jan Plan-Plan : quand i va sembla que s'entorna).

         C'est la putain Jeanne, c'est le dernier qui la gagne (Aqu√≤'s la puta Jana : lo darri√® la ganha).

¬∑        Il sait o√Ļ dort Jeanne : Il est tr√®s riche. (MM.: Saup ounte dor Jano).

        C'est un Jeannot : C'est un imb√©cile (Gasc. : Es un Janot). Voir Basile.

Jésuite

        Aller par trois comme les J√©suites (Anar per tres coma los Jesuitas).

Jésus

        L'Ňďil de l'enfant J√©sus : Le myosotis (L'u√®lh de l'enfant J√®sus).

jeu

        Il fait bon quitter le jeu lorsqu'on gagne : Et non comme ces couillons qui jouent tout ce qu'ils ont gagn√© jusqu'√† ce qu'ils perdent ! (Fa bon quitar lo j√≤c quand l'on ganha).

        Qui a beau jeu en main ne bat pas les cartes (Qui a bon j√≤c en man remescle pas).

        Au jeu il y a des cr√©tins et des coquins (Au j√≤c i a de colhons o de filons).

        Au jeu et au vin l'homme devient coquin (Al j√≤c e el vin l'ome dev√®n coquin).

jeunesse

        Si vieillesse pouvait, si jeunesse savait‚Ķ Sous entendu : beaucoup de difficult√©s seraient √©vit√©es (Se vielhum podi√°, se joven√ßa sabi√°‚Ķ).

joie

        Joie m√®ne le train ! : Quand il y a de la joie, il y a du dynamisme et de l'entrain (J√≤ia mena !).

jonquille

        La jonquille blanche : La jonquille √† deux fleurs (La jonquilha blanca).

joue

        Il ne rit que d'une joue : Il rit jaune (Ris res que d'una gauta).

jouer

        Jouer pour de bon : Jouer avec un enjeu (Jogar a de bon).

        Jouer pour rire : Jouer pour le plaisir (Jogar de per rire).

        O√Ļ l'on joue le diable s'amuse : ‚Ķ car les jeux conduisent √† la d√©bauche et au vice (Ont se joga, lo diable se recreia)

joueur

        Le roi des joueurs porte un pantalon de papier : Le jeu ne permet pas au joueur d'assurer un  avenir certain. Aussi le meilleur joueur peut-il √† un moment donn√© √™tre ruin√©. (Lo rei dels jogadors porta braias de papi√®r) car, comme le dit le proverbe qui suit :

        A la porte du joueur, tant√īt joie, tant√īt douleur (A la porta del jogador, tant√≤st joia, tant√≤st dolor).

        A bourse de joueur, pas besoin de cordon : car il faut constamment en retirer ou y remettre de l'argent (A borsa de jogador non cal pas de correja).

jour

        Il y a jours : Il y a belle lurette (I a jorns).

        La m√®re des jours n'est pas morte : Nous avons bien le temps (La maire dels jorns es pas morta).

        Demain il fera jour : Rien ne presse (Deman far√† jorn).

        A sainte Luce[1] les jours rallongent d'un saut de puce, √† No√ęl d'un saut de taureau, √† la Circoncision, d'un petit vol de chapon, pour les rois, cela se voit, pour saint Antoine2 d'un repas de moine et chaque ann√©e d'un saut de chien3 : [1]le 13 d√©cembre.  21 heure. 3Chaque ann√©e les jours croissent de 6h qui, additionn√©es tous les quatre ans, font le 29 f√©vrier. (Gasc. : A santa Lu√ßa un saut de pu√ßa, a Nadau d'un saut de brau, a la circoncision, d'un vol√©t de capon, ent'aus reis, que se con√®is, a sent-Anto√®no, d'un rep√©s de monge, e cada an un saut de can).

juillet

        En juillet ni femme ni choux, en ao√Ľt tout doux, en septembre on peut en reprendre ! (En julhet ni fennas ni caulets, en Agost tot d√≥s, en septembre se pod repr√©ner).

        Pluie de juillet, pluie de panier : Une pluie en juillet ne p√©n√®tre gu√®re dans le sol car elle tombe sous forme d'orages violents et est aussit√īt √©vapor√©e par la chaleur du lendemain (Gasc.: Ploja de julhet, aiga de desquet).

juin

        Soleil de juin ne ruine personne : Le soleil de juin est n√©cessaire voire indispensable aux cultures (Solelh de jun no ruina digun).

        Mois de juin, faux au poing : C'est le mois des foins (Mes de junh, dalha au pugn).

jument

¬∑        La jument se noie ! : Tout est fichu ! (La cavala se nega).

jurer

        Qui jure trop n'est pas cru (Gasc. : Lo qui jura trop es pas cresut).

jus

        Cela n'a ni jus ni suc  : Cela n'a ni go√Ľt ni saveur (Aqu√≤ n'a ni chuc ni muc).

L

 

laid

        Laid comme un √©pouvantail de figuier (Laid coma un espavental de figui√®r).

laisser

        C'est un laisse-moi donc : Un solitaire (Es un daissa-m'estar).

lait

        Il a t√©t√© du bon lait : C'est une personne de caract√®re (A popat de bona lait).

lampe

        Ne pas savoir o√Ļ pendre sa lampe : Ne pas savoir √† quel saint se vouer. Ne plus savoir que faire, √™tre d√©boussol√© (Pas saber on anar penjar lo lum).

        √áa y fait comme l'huile √† la lampe : C'est tr√®s efficace (I fa coma l'√≤li al calelh).

        √áa br√Ľle √† la lampe : C'est une √©vidence (Cr√®ma al lum).

Landais

        Manger du lard comme un Landais : Les landais avaient la r√©putation d'√™tre friands de lard (Gasc. : Minjar lard coma un Lanusqu√©t).

langue

        Il a plus de langue que de sac ! : Il parle plus qu'il n'en fait (A mai lenga que de sac !).

        Il vaut mieux glisser du pied que de la langue : Un lapsus, une parole d√©plac√©e peuvent √™tre lourds de cons√©quences. (MM.: Vau mai esquiha d√≥u p√®d que de la lengo).

Lannemezan 

        Venir de, aller √† Lannemezan : Pour se moquer de la sant√© mentale de quelqu'un, on dit : Celui-l√† il vient de Lannemezan, ma parole ! (Il y a un h√īpital psychiatrique r√©put√© dans cette ville des Hautes-Pyr√©n√©es.). Gasc. : V√©nguer de / anar a Lannemezan.

lapin

        Mieux vaut tenir un lapin que poursuivre un li√®vre : Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Il ne faut pas l√Ęcher la proie pour l'ombre. (Vau mai coni√©u que cossejar l√®bre).

larve

        C'est une larve poilue ! : C'est une personne tr√®s laide (Es una arna peluda !).

laurier

        Le laurier fleuri : Le laurier tin (Lo lauri√®r florit).

lavement

        Press√© comme un lavement : Quoi de plus press√© (ou pressant) en effet qu'un lavement ?  (Pressat coma un lavament)

Lavit

        Terre de Lavit, grand peine, petit profit : Lavit, chef-lieu de canton du Tarn-et-Garonne (Gasc. : Terra de Lauit, grana pena, petit profit).

lécher

        Le l√®che-plat : L'index, le doigt qui go√Ľte et touche √† tout (Lo lecaplat).

lentille

¬∑        Celui-l√† ne mange pas les lentilles avec une √©pingle ! : Ce n'est pas un avare ! (Aquel manja pas lentilhas amb una espilha).

levant

        Au levant (Au soleil levant) : √† l'Est (Al levant - Al solelh levant).

levrette

        Faire levrette : Ondoyer (pour les champs de c√©r√©ales) (Far lebreta).

lézard

        √ätre maigre comme une sarnaille (un l√©zard gris) : √ätre maigre comme un clou (Estre magre coma una sarnalha).

        Les l√©zards gris √† la queue double passent pour sorciers (MM.: Li lagramuso qu'an la co besso passon p√®r masco)

        Sors, √ī l√©zard, car ta jambe est gu√©rie ! : Locution usit√©e pour inviter quelqu'un √† sortir. (Sort, laus√®rt, que ta camba es garida !)

liberté

        Libert√© et du pain cuit : L'homme vit de libert√© mais aussi de pain. Ken Loach rajouterait : "and roses,‚Ķet des roses" (Libertat e de pan cu√®ch).

lière

¬∑        Quand le ch√™ne tombe, le li√®re se dess√®che : Quand un puissant meurt, ceux qui d√©pendaient de lui ou vivaient √† ses crochets dispara√ģssent aussi. (Quand lo garric tomba, l'√®dra seca).

lièvre

        Faire prendre un chat pour un li√®vre : Faire prendre les vessies pour des lanternes (Far pr√©ner un gat per una l√®bre).

        Un soleil de li√®vre : Un soleil p√Ęle (Un solelh de l√®bre).

        Rendre li√®vre (Faire devenir li√®vre) : Rendre fou (Voir ch√®vre) (Far venir l√®bre).

lilas

¬∑        Le lilas d'Espagne : Le seringa (Lo lillac d'Espanha).

lion

        On ne fait pas un lion d'un li√®vre : Un √Ęne ne fera jamais un cheval de course. (Non se fai leon d'una lebre).

lit

        Le lit des pies : Les arbres (Gasc. : Lo lheit de las agassas).

¬∑        Avoir de la paille au lit : √ätre ais√© (Aver de palha al l√®it). 

        Le lit dur fait la taille droite (Lo li√®ch dur fa la talha drecha).

        Lorsque, au lit, tu ne dormiras pas, qu'√† table tu ne mangeras pas, qu'√† l'√©glise tu ne prieras pas, si tu n'es pas malade, tu le seras (MM. Quouro au li√© dourmiras pas, quouro a la taulo manjaras pas, quouro a la gleiso pregaras pas, se si√©s pas malaut, li saras).

        Au lit Toinon, soup√© ou non ! A l'adresse des enfants : tu iras au lit mon petit, que tu veuilles souper ou que tu ne le veuilles pas. (Au li√®ch Toenon, sopat o non !)

livre

        Avec tout ce que je ne sais pas, il y a de quoi √©crire un livre ! : Mani√®re humble et imag√©e d‚Äôavouer son ignorance (Gasc. : De √ß√≤ que sabi pas, se poir√® h√® un gran libre. occ. : Amb √ß√≤ que sabi pas, fari√† un libre).

Lodève

        Les mange-tripes de Lod√®ve qui les mangent sans les laver et les √Ęnes sans les √©corcher (Los manja-tripas de Lodeva que las manjan sens lavar e los ases sens escorgar). Lod√®ve (H√©rault).

loup-louve

¬∑        Le pied de loup : le bouton d'or (Lo p√® de lop). 

¬∑        Faire la queue du loup : Aller √† la queue leu-leu (Far la coa del lop). 

        Au gosier du loup : Expos√© √† la convoitise (A la g√≤rja del lop).

¬∑        Avoir vu le loup : √ätre aphone, √™tre enrou√© (Aver vist lo lop). 

¬∑        Confier les brebis √† la garde du loup : Mettre le loup dans la bergerie (Fisar las f√®das a la garda del lop).  

¬∑        Celui-l√†, il a vu p√©ter un loup sur une pierre en bois ! : Il raconte des choses farfelues et incroyables (Aquel a vist petar un lop sus una peira de bo√®s !). 

        Une louve ne fait pas d'agneaux ; une pie ne fait pas de pinsons : Il ne faut pas s'√©tonner de retrouver les d√©fauts des parents dans leurs prog√©nitures. (Una loba fa pas d'anh√®ls ; una agassa fa pas de pinsons).

lumière

        Fais (de la) lumi√®re ! : Allume ! Aussi : Explique-toi ! (Fai lum !).

¬∑        Ca br√Ľle de lumi√®re ! : C'est √©vident ! (Aqu√≤ crama de lum !).

        Il n'y a vu que des lumi√®res : Il n'y a vu que du feu (I a vist que de lums).

lune

        Avoir la lune : √ätre lunatique (Gasc. : Auer la luna).

        Tenir de la lune : Avoir un grain de folie (T√©ner de la luna).

        Var.: Avoir lune en t√™te (Aver luna en testa).

        La vieille lune : La pleine lune. Repr√©sent√©e ronde et blanche sur les calendriers, favorables aux semis et plantations (La luna vielha).

        La lune noire : La pleine lune ou nouvelle lune (noire car repr√©sent√©e ainsi sur les almanachs puisqu‚Äôon ne la voit pas. En effet, elle est situ√©e entre le soleil et la Terre et montre donc √† celle-ci sa face non √©clair√©e), non favorable aux semis et plantations (Luna negra).

        Lune rouge, vent ou pluie (Luna roja, vent o ploja).

 lune (suite) 

¬∑        Lune blanche, journ√©e franche. Lune p√Ęle, l'eau d√©vale. Lune rouge, le vent bouge. Cornes en l'air, terre mouill√©e. Cornes en bas la terre se fendillera (Luna blanca, jornada franca. Luna pala, l'aiga davala. Luna roja, lo vent se boja. Luna quilhada, terra banhada. Luna pendenta, terra fendenta).

        Corne pointue, terre fendue ; corne lev√©e, terre mouill√©e : Si la lune a sa corne vers le bas il fera sec, si elle l'a vers le haut, il pleuvra (Gasc. : Corna ponchuda, t√®rra henuda. corna leuada, t√®rra molhada).

        Lune quill√©e, terre mouill√©e, lune pendue, terre fendue : Si le croissant de lune est perpendiculaire √† l'horizon, le temps sera pluvieux, s'il est parall√®le √† l'horizon, la terre restera s√®che (fendill√©e) (Luna quilhada, terra molhada, luna pendenta, terra fendenta).

        Quand la lune revient par beau temps, trois jours apr√®s elle porte le chapeau : ‚Ķ trois jours apr√®s il pleut (Quand la luna torna en b√®l, tr√®s jorns apr√®p porta cap√®l).

        Nouvelle lune un mercredi, femme barbue, une tous les cent ans, cela suffit (Luna mercruda, fenna barbuda, cada cent ans, n'i a pro amb una).

¬∑        S√®me quand lune cro√ģt, coupe et cueille quand elle d√©cro√ģt (Semena quand la luna creis. Copa e culissa quand declina).

        Il fait lune : Il fait clair de lune (Fa luna).

        Faire des ch√Ęteaux sur la lune : Faire des ch√Ęteaux en Espagne, des r√™ves utopiques (Far de cast√®ls dins la luna).

¬∑        Faire le voyage de la lune : partir entier, revenir en quatre quartiers : Se casser la figure, √™tre √©clop√©. (Faire lo viatge de la luna : partir enti√®r, revenir en quatre quarti√®rs). 

¬∑        Si tu travailles le dimanche, Dieu t'enverra dans la lune (La religion interdisait autrefois de travailler le dimanche). (Se trabalhas lo dimenge, Diu te metr√† dins la luna).

        Choper un coup de lune : Attraper un superbe coup de soleil (Agafar un cop de luna).

Lunel

        Gens de Lunel, p√™cheurs de lunes : On raconte que les gens de Lunel (H√©rault). tent√®rent de p√™cher la lune qui se refl√©tait dans l'eau d'une rivi√®re. La lune ayant disparu sous les nuages au moment o√Ļ un √Ęne allait y boire, ils tu√®rent l'animal pour chercher la lune dans son ventre (Cette l√©gende est aussi racont√©e √† Montastruc -Gers)   Gens de Lunel, pesca-lunas.

M

 

maçon

        A bon ma√ßon toute pierre vient √† point : Un bon ma√ßon sait toujours comment agencer chacune des pierres (A bon ma√ßon, tota peira ven a punt).

mai


        Au mois de mai on tue le fils et le p√®re : En coupant les mauvaises herbes en mai, on d√©truit la plante et la graine (Gasc. : Au mes de mai, tuan lo hilh e lo pai).

        Bien peu vaut le champ de bl√© si fin mai il n'est pas en √©pis (Pla pauc val la bladada se fin mai es pas espigada).

        Bourgeon de mai emplit le chais : Il faut qu'au mois de mai les bourgeons de vigne soit bien visibles sur les ceps pour que la r√©colte soit g√©n√©reuse (Borron de mai emplis lo chai).

        Elle est bien mauvaise l'ann√©e si mai ne la trouve pas en √©pi : Il faut que les c√©r√©ales (bl√©, orge‚Ķ). soient en √©pi en mai (Gasc. : Es bien mashanta l'annada se mai no la troba cabelhada).

        En mai pluie du matin ne doit pas emp√™cher de partir : En mai une pluie matinale ne doit pas emp√™cher d'entreprendre des travaux car elle ne durera pas (En mai, pl√®ja del matin diu pas empachar de partir).

        Mai clair et venteux fait l'an abondant (Mai clar e vent√≥s fa l'an abond√≥s).

        Mai fait la f√®ve pourvu qu'il la trouve bien sarcl√©e (Mai fa la faba m√®s que la trobe pla sarclada).

        Mai froid, ann√©e joyeuse (Mai frech, annada gaujosa).

        Petite pluie de mai, rend tout le monde gai : La pluie de mai est bonne pour les cultures (Gasc. : Petita ploja de mai,a  tot le monde h√® gai).

maigre

        Maigre comme une cr√©maill√®re (Magre coma un cremascle).

        Maigre comme l'Ecce Homo et comme le Jeudi saint (Magre coma l'Ecce Homo e coma lo Dij√≤us Sant) .

        Maigre comme une √©chelle (Magre coma una escaleta).

        √ätre maigre comme un hareng s√©ch√© : √ätre maigre comme un clou (Estre magre coma una arencada).

        Le gras ignore de quoi vit le maigre : le riche ignore dans quelle condition vit le pauvre (Lo gras sap pas de que viu lo magre)

maille

        Avoir une maille √† son bas : √ätre atteint dans sa r√©putation (Aver une malha a son deb√†s).

main

        Avoir bonne main : Avoir la main heureuse (Aver la bona man).

        √ätre de main : √ätre bien plac√© pour ex√©cuter une t√Ęche (Esser de man).

        Toucher la main : Serrer la main √† quelqu'un (Tocar la man).

        Donner la main : Aider. Ex.: Je m'en vais donner la main √† mon voisin pour rentrer le foin. (Balhar la man).

        Les petites mains de Notre-Seigneur : Le ch√®vrefeuille (Las manetas de N√≤stre-S√©nher).

        Ce sont les mains sales qui font manger le pain blanc : Il faut salir ses mains (travailler dur) pour cr√©er une belle chose, mais aussi : un bel objet est toujours cr√©√© par un ouvrier qui se salit les mains. Hommage √† ce qui font un travail p√©nible et salissant (Son las mans salas que fan manjar de pan blanc)

        √ätre de toute main : Savoir tout faire, toutes sortes de travaux, notamment de bricolage. De plus ne pas √™tre avare d'un coup de main (Esser de tota man).

¬∑        A main droite, √† main gauche : A droite, √† gauche. [A (de) man dreita, esqu√®rra].

        Avec une main on lave l'autre : Ni vu ni connu, je t'embrouille. (Amb una man √≤m lava l'autra).

maison

 

        Roule que tu rouleras, √† la maison tu reviendras : "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage (‚Ķ ) Et puis est retourn√© plein d'usage et raison / Vivre entre ses parents le reste de son √Ęge !" (J. du Bellay, les regrets). (Roda que rodar√†s, a ton ostal tornar√†s).

        La fum√©e de ma maison vaut mieux que le r√īti des autres : Mieux vaut vivre pauvrement chez soi que toute la richesse d'autrui. "Plus me pla√ģt le s√©jour qu'ont b√Ęti mes a√Įeux, / Que des palais Romains le front audacieux,‚Ķ" (J. du Bellay, les regrets). Val mai lo fum de ma maison que lo rostit de las autras)

        Pour √™tre bien dans une maison il faut nourrir le charan√ßon, l'asticot et le moucheron : ‚Ķ Il faut avoir suffisamment de denr√©es qui attirent ces trois insectes : le bl√© au grenier pour le charan√ßon, le fromage au garde-manger ou le jambon au plafond pour les asticots et le vin pour les moucherons (Per estre pla dins un ostal, cal noirir lo cusson, l'arna e lo bigal).

ma√ģtre

        √ätre le ma√ģtre (de quelque chose) comme des choux de son jardin (Estre lo mestre coma los caulets de son jardin).

¬∑        Ou ma√ģtre ou rien ! : Ni Dieu ni ma√ģtre ! (O mestre o ren).

        Laissez faire le ma√ģtre et tout ira bien : A v√©rifier ! (Leissatz faire au mestre e tot anar√† ben).

        Avec le ma√ģtre ne partage pas les poires car il te prendra les plus m√Ľres et il te cassera la t√™te avec les plus dures ( Ambe lo senhor non partages las peras, car te prendr√† las plus maduras e te rompr√† lo cap ambe las plus duras).

mal

¬∑        Bien ou mal : Tant bien que mal. Ex.: On y est quand m√™me arriv√©, bien ou mal.  (Pla o mal).

        Le mal de la terre : L'√©pilepsie (Lo mal de la t√®rra).

        Le mal de la m√®re : L'hyst√©rie (Lo mal de la maire).

        Il a le mal que j'ai : Il a le m√™me d√©faut que moi (A del mal de ieu).

        A petit mal, grand bandage : Celui qui a √©t√© victime d'un l√©ger accident souhaite qu'on le plaigne et exag√®re sa blessure. (Gasc. : A petit mau grana ligassa).

        Pour s'√īter un mal de t√™te, il faut dormir ou brouter : ‚Ķ dormir ou manger (Per se tirar lo mal de cap, cal dormir o paisser).

        Le mal vient √† cheval mais s'en retourne √† pied : Une maladie arrive toujours tr√®s brusquement et met du temps √† gu√©rir (Lo mal ven a chaval mai s'en torna a p√®).

        Mal de chien, qui l'a le garde (Mal de chin, qui l'a lo garda).

malade

        Bien malade qui ne se conna√ģt pas   (La sagesse m√™me) (Es pla malaut qui se coneis pas)

malin

        Il est malin comme Glandouille qui p√™chait dans les chaumes ! : Il n'est pas tr√®s malin car il y a peu √† p√™cher dans un chaume (Es coquin coma Glandolha que pescava per las estolhas !).

malle

        Toucher le fond de la malle : Mettre ses plus beaux habits (Tocar al fons de la mala).

manger

        Manger au touche-doigt : Manger jusqu'√† pouvoir toucher la nourriture avec le doigt au fond de la gorge (Gasc. : Minjar au toca-dit).

        Ce qu'on mange pourrit, ce qu'on donne fleurit : L'avarice ne rend pas heureux, la g√©n√©rosit√©, si (Gasc. : √á√≤ que minjan  poiris, √ß√≤ que bailhan floris).

        Un mange quand-il-en-a : Un cr√®ve-la-faim (Un manja-quand-n'a).

manŇďuvre

        Le manŇďuvre participe √† l'Ňďuvre : Tout travail, m√™me modeste, m√©rite consid√©ration (Lo manobra a part a l'obra !).

marchand

        Un marchand est comme un porc, on ne sait ce qu'il vaut que lorsqu'il est mort ! Pour savoir si un marchand est un honn√™te homme, il faut attendre qu'il soit mort. Quant au cochon on ne sait vraiment ce qu'il vaut que lorsqu'on l'a ouvert (Gasc. : Un marchant es coma un porc, no saban √ß√≤ que vau que quant es mort!).

marchander

        Qui marchande bien, paie bien (Lo que ben marchanda, ben paga).

march√© (bon) 

        Bon march√© comme un conseil : √áa ne co√Ľte rien de donner un conseil. (Bon marcat coma un conselh).

marcher

        Marche droit, tu y arriveras ! : L'honn√™tet√© est le meilleur moyen pour arriver au but (Vai dret, i arribar√†s !)

mare

        A toute mare il faut un trop-plein : Chacun doit pouvoir se d√©fouler (A tot pesqui√®r cal un escampador).

marguerite

        A la franche marguerite : A la bonne franquette (A la franca margarida).

mari

        Un vieux mari vaut mieux que rien (Un vielh marit val mai que pas res).

        A mari jaloux cornes au front (A marit jal√≥s, banas al front).

mariage

        Mariage de jeune et de jeune, mariage du Bon Dieu ; Mariage de jeune et de vieux, mariage du diable ; Mariage de deux vieux, mariage de merde ! (Gasc. : Maridage de joen e de joena, maridage do Bon Diu. Maridage de joen e de vielh, maridage do diable. Maridage de dus vielhs, maridage de merda !).

¬∑        Mari√© le lundi n'y retournera plus : Mari√© le mardi fera du lard : Mari√© le mercredi sera bien piteux : Mari√© le jeudi en √©pousera deux : Mari√© le vendredi ne sera pas tendre : Mari√© le samedi pleurera son acte (Maridat lo dilus i tornar√† pus. Maridat lo dimars far√† de lard. Maridat lo dim√®cre sera pla pietre. Maridat lo dij√≤us n'en prendr√† dos. Maridat lo divendre ser√† pas tendre. Maridat lo dissate plorar√† son acte).

        Ils se marient sans se conna√ģtre, ils vivent ensemble sans s'aimer, ils meurent sans se regretter ! (Se maridan sans se soneisser, vivan ensemble sans s'aimar, morissan sans se regretar).

        Homme mal mari√©, mieux vaudrait qu'il soit noy√© (Ome mal maridat, valdri√† milhor que siaguessa negat).

        Fille p√Ęle, gar√ßon jaune de teint, du mariage ont grand besoin (MM. : Palo fiho e jaune gar√ßoun d√≥u maridi√†gi an de besoun).

¬∑        T'es pas heureux ? Marie-toi ! : Se dit √† une personne hargneuse ou en col√®re pour la faire enrager (Gasc. SP: Es pas uro√Ļs ? Marido-te !).

Marie

        Tiens-toi Marie, on va trotter ! : Se dit au moment d'entreprendre une t√Ęche urgente exigeant rapidit√© et effort (Ten-te Mari, qu'anam trotar !).

        Fais tirer, Marie ! Aller, hue ! (Fai tirar, Mari!).

marié

¬∑        √áa ! disait le mari√©, nous allons essayer ! (√áo disi√®t lo n√≤vi, an√®m assajar !).

marier

        Qui se marie avec la pluie, toute l'ann√©e pleure (MM.: Quand em√© lou bagna vous maridas, tout l'an plouras) Chose se r√©v√©lant fausse en Italie o√Ļ l'on dit : Sposa bagnata, sposa fortunata : Mari√©e mouill√©e, mari√©e fortun√©e‚Ķ

marin

NB : Le marin est l'autre nom du vent d'autan. Voir Autan. 

¬∑        Au marin : A l'Est (Al marin). 

¬∑        Le vent marin du mercredi dure huit jours ou neuf (Lo vent de marin del dim√®cres dura u√®ch jorns o nau).  

¬∑        Le marin du dimanche dure souvent toute la semaine (Lo marin del dimenge dura sovent tota la setmana). 

¬∑        Marin clair et cers obscur, pluir s√Ľr : Est clair, ouest sombre, pluie assur√©e, la pluie venant le plus souvent de l'ouest. (Marin clar e c√®rs escur, pl√®ja de segur).

¬∑        Var. Marin clair, mistral obscur, c'est de la pluie √† coup s√Ľr (Marin clar e cers escur es de plueia a cop segur). 

        Le marin n'est pas l√®ve-t√īt, mais il est journalier : Ce n'est pas parce que le marin ne souffle pas le matin alors qu'il soufflait la veille qu'il a cess√© de souffler ; vers 11 h il r√©appara√ģt.

        Le marin n'est pas p√™cheur le marin n'est pas chasseur, le marin n'est pas dragueur : Cela ne vaut rien de p√™cher, de chasser ni de courir les filles par vent marin. (Lo marin es pas pescaire, lo marin es pas cassaire , lo marin es pas femnejaire). Voir vent.

¬∑        Quand souffle le marin, les vaches courent avec la queue droite (C'est dire si ce vent perturbe les √™tres !) (Quand bufa lo marin, las vacas corren ambe la cua dr√®ita).

marmite

¬∑        Chacun sait ce qui cuit dans sa propre marmite : Chacun a ses propres probl√®mes et ses propres secrets. (Cadun sab √ß√≤ que coy dins son ola).

¬∑        La marmite qui chante ne bout pas encore : Il ne faut pas se pr√©cipiter, chaque chose en son temps. Tout vient √† point √† qui sait attendre. (L'ola que canta boli pas encara).

        Le pot toujours se moque de la marmite : C'est l'h√īpital qui se moque de la charit√© ; on voit la paille dans l'Ňďil du voisin sans voir la poutre qui est dans le sien (Totjorn lo topin se trufa de l'ola)

        Var.Gasc. : Il ne faut pas que la marmite se moque du pot (Cau pas que lo topin se trufe de l'ola).

        La po√™le dit √† la marmite : "Tu as du noir au cul" : On voit les d√©fauts des autres alors que l'on souffre soi-m√™me de d√©fauts identiques (Gasc. : La padena ditz au metau : "As tinta au cuu").

        Il n'est de sale marmite qui ne trouve son couvercle : M√™me le plus laid ou la plus laide trouvera toujours √† se marier. (MM. Noun i'a pignato bruto que noun trove lou si√®u cuberc√®u)

marmotte

¬∑        Dormir comme une marmotte : Dormir comme un loir. (Dormir coma una missara).

marquer

        Marquer bien / mal : Pr√©senter bien / mal  'Mercar plan /mau).

        Marque-mal se prom√®ne : Voici quelqu'un qui ne se distingue pas par son √©l√©gance (Marca-mal se passeja).

mars

        Mars venteux, avril pluvieux font le fermier heureux (Mar√ß vent√≥s, abrial plej√≥s, fan lo bordi√®r ur√≥s).

        Mars mars√®ge sinon tout l'an il gout√®ge : S'il ne pleut pas au mois de mars il fait des gouttes toute l'ann√©e (Mar√ß marseja sinon tot l'an goteja).

        Ce sont des fleurs du mois de mars : Ce sont des espoirs fragiles (Son flors del mes de mar√ß).

Marseille

        Marseillais, l'idiot, mange la viande et laisse la peau (Toute mamie vous dira pourtant que qui laisse la peau laisse "le meilleur" !) (MM.: Marsih√©s coucour√®u manjo la car e leisso la p√®u).

martinet

        Ce n'est pas lui qui dirait o√Ļ nichent les martinets : Il n'a pas invent√© le fil √† coup√© le beurre (Es pas el que dir√† ont nisan los faucilhs).

Masseube

        Gens de Masseube, mangeurs de tripes : Les habitants de Masseube (Gers) avaient la r√©putation d'√™tre friands de tripes (Gasc. : Masseub√®s, tripass√®s).

mécanique

¬∑        Qu'est ce que c'est que cette m√©canique ? Une trique-traque pour faire pisser les poules ? : C'est une machine bien compliqu√©e dont l'utilit√© ne saute pas aux yeux ! (Qu'es aquela mecanica ? Una trica-traca per faire pissar las polas ?).

méchant

        M√©chant comme un √Ęne noir (Maissant coma un ase negre)

médecin

        Apr√®s la soupe un verre de vin fait perdre un voyage au m√©decin : Un verre de vin apr√®s la soupe prot√®ge de la maladie (Aprep la sopa un cop de vin fa perdre un viage al medecin).

        Le toupi est un bon m√©decin : Le toupi : la marmite. Manger est ce qu'il y a de mieux pour √™tre en bonne sant√© (Lo topin es bon medecin).

        Les jeunes m√©decins font les cimeti√®res bossus : Leur peu d'exp√©rience fait que leurs patients meurent au lieu d'√™tre soign√©s. Les bosses des cimeti√®res √©tant, bien entendu, les tombes (Gasc. : Los joens medecins h√®n los cement√®ris bossuts).

        Var.: Jeune avocat, h√©ritage perdu  (MM.: De jouine avoucat, eiretage perdu).

        Apr√®s la mort, le m√©decin : On se fait fort de ne jamais voir le m√©decin, m√™me si on doit en mourir. Celui-ci ne viendra que le jour de la mort enregistrer le d√©c√®s (Gasc. : Apr√®s la mort lo medecin).

médiocrité

        Il n'y a rien de pire que la m√©diocrit√© (Gasc. : I a pas arr√© de m√®s mashant que lo tros).

mélancolie

¬∑        Pour une fille m√©lancolique, ordonnance : deux ou trois promenades (Peire Godolin. Voir ce nom) Per una filha mal-contenta, recip√® : dos o tres passejadas.

ménager

        Au revoir et m√©nagez-vous ! : ‚Ķ prenez soin de vous (Adissiats e mainajatz-vos !).

menton

        Menton trou√©, plein de bont√© : Les hommes ayant une fossette au menton ont la r√©putation d'√™tre gentils (Menton traucat, plen de bontat).

mer

¬∑        Qui s'embarque sur la mer, court danger de se noyer : Qui ne tente rien n'a rien, mais aussi : il ne faut pas courir de risques inutiles (Gasc. : Qui s'embarca sur la mar, cort dang√®s de se negar !). 

¬∑        Mer claire, montagnes sombres, pluie assur√©e : Sud d√©gag√© (mer M√©diterran√©e), nord couvert, pluie assur√©e (Mar clara, montanhas oscuras, plu√®ja segura). 

¬∑        Mer blanche : Mer calme (Blanca mar). 

¬∑        Une mer lisse : Une mer d'huile (Una mar lissa). 

¬∑        La mer grande : L'oc√©an (La mar granda). 

¬∑        Porter de l'eau √† la mer : Faire une chose inutile (Portar d'aiga a la mar). 

¬∑        √ätre dans les grandes mers : √ätre dans les grandes affaires (Esser dins las grandas mars). 

¬∑        Vouloir la mer apr√®s avoir eu les poissons : Vouloir le beurre et l'argent du beurre (Voler la mar apr√®p los peisses). 

        Faire mer et mont : Faire monts et merveilles (Far mar e mont).

merde

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