PROVERBES OCCITANS

LA BISE ET L'AUTAN

BERNARD VAVASSORI

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D

        Quatre D font tout : Dieu, diable, dame et denier : Ces quatre-l√† dirigent le monde : Dieu, le diable, la femme et l'argent (Quatre D fan tot : Diu, diable, dama e deni√®r).

danser

        La fille √† danser, l'√Ęne √† braire, ce doit √™tre le diable qui le leur a appris (La filha a dansar, l'ase a recanar, di√† estre lo diable que lor a ensenhat).

dégourdi

¬∑        Un averti vaut mieux qu'un d√©gourdi (Un avertit val mai qu'un desgordit). Var. de : Il vaut mieux un qui sait que dix qui cherchent. 

        Il vaut mieux un petit d√©gourdi qu'un grand niais ! (Val mai un petit desgordit qu'un gran estabosit !).

        D√©gourdi comme un chevreau de trois mois (Desgordit coma un cabrit de tres mes).

dehors

        Dehors les chiens ! : Se dira (en gascon et non en fran√ßais) aux enfants qui embarrassent √† l'int√©rieur de la maison et que l'on invite √† aller jouer dehors (Gasc. : Deh√≤ra los cas !).

déjeuner

        Un d√©jeuner de soleil : Belle image d√©signant des plantes qui fleurissent peu de temps (Un dejunar de solelh).

dent

¬∑        Rien de tel qu'un bon coup de bras pour faire donner un bon coup de dent : Rien ne vaut de travailler un bon coup pour avoir de l'app√©tit. (I a res coma un bon cop de bras per fa donar un bon cop de dent). 

¬∑        Qui de bonne heure met les dents, de bonne heure quitte ses parents : (Croyance populaire en Armagnac et en Agenais : on affirmait que la pr√©cocit√© des premi√®res dents pr√©sageait d'un d√©part pr√©coce de la maison paternelle). Les "jeunes loups" ont h√Ęte de quitter la maison familiale pour vivre de mani√®re autonome et ind√©pendante (Gasc. : Qui d'ora denta, d'ora s'esparenta). 

        Je n'ai que les dents de s√®ches : Je suis tremp√© jusqu'aux os (Ai pas que las dents d'eissugadas). Voir abri.

dernier

        Le dernier le gagne . Il est toujours de l'avis du dernier qui a parl√© (Lo darri√®r lo ganha).

derrière

        Plus ils se baissent, plus il montrent leur derri√®re ! : Moins on a de fiert√©  moins on a de dignit√©. (MM.:Au-mai s'abaisson, au-mai mostron lou darri√© !)

descendre

        En descendant tous les saints aident : Lorsqu'il n'y a aucune difficult√© il y a abondance d'aide. Lorsque un travail √† faire est presque achev√©, les renforts arrivent nombreux. (Gasc.: En davarar tots los sants ajudan).

dessert

        Entre No√ęl et Pentec√īte, tout dessert a une cro√Ľte : Entre No√ęl et Pentec√īte, le dessert est surtout compos√© de fruits secs et de fromage car les fruits n'ont pas encore pouss√© (Gasc. : Entre Nadau e Pentacosta, tot dessert es ua crosta).

deuil

        Faire deuil : Porter le deuil. Manquer. Ex.: Cette bague que j'aie perdue, macarel elle me fait deuil ! : je la regrette am√®rement. (Far d√≤l).

devant

        Passe devant ! / passe derri√®re ! : Se dit √† un chien de berger pour l'inciter √† ramener le b√©tail dans le droit chemin (Passa davant ! / Passa darr√®r !).

diable

 

¬∑        ¬≠Je me demande comment tu t'y retrouves dans ton bazar ! C'est le diable √† quatre ici ! : D√©sordre, bric-√†-brac. (Lo diable a quatre).

¬∑        C'est le diable qui l'a chi√© ! : Il a tellement de d√©fauts et il est tellement laid  qu'il semble sorti du cul du diable ! (Es lo diaple que l'a cagat !). 

¬∑        Que le diable te souffle au cul ! : Conjuration contre une sorci√®re (ou tout autre importun) Gasc. : Lo diable te bohe au cuu !

¬∑        Quand il pleut et qu'il fait soleil tout √† la fois, c'est que le diable se bat avec sa femme : Croyance populaire en Armagnac et Agenais (Gasc. : Quant plau e h√® solelh tot en un cop, lo diable se bat dab sa henna). 

¬∑        Remuer comme un diable asperg√© d'eau b√©nite : S'agiter comme un diable dans un b√©nitier (Bolegar coma un diable aspersonat). 

¬∑        Savoir o√Ļ le diable fait son feu : Conna√ģtre le dessous des cartes (Saber ont lo diable fa f√≤c).

¬∑        Var.: Il sait non seulement o√Ļ le diable fait son feu mais en plus il sait o√Ļ il cache ses allumettes !

¬∑        √ätre innocent comme un diable de quatre ans : Veut dire exactement l'inverse, car un diable √† l'√Ęge de quatre ans, tout le monde sait cela, a perdu depuis bien longtemps son innocence. (Estre inocent coma un diable de quatre ans).

¬∑        Mille diables ! Juron. Euph√©misme pour Mille dieux (Mila diables !). 

¬∑        Que le diable m'√©crabouille ! Juron (Lo diable m'estarusse !). 

¬∑        Que le diable m'√©trangle ! Juron (Lo diable m'escane !). 

¬∑        Que le diable me ratisse l'√Ęme ! Juron quercynois. (Lo diable me rast√®le l'ama !). 

¬∑        Que le diable m'√©crase le foie ! Juron quercynois (Lo diable m'espotigue lo fetge !).

¬∑        Que le diable me sulfate la rate ! Juron quercynois (Lo diable me sulfate la rata !).

¬∑        Que le diable me crache ! Juron quercynois (Lo diable m'escupigue !).

¬∑        Que le diable me chie ! Juron quercynois (Lo diable me cague !).

¬∑        Que le diable m'√©tripe et me sorte les boyaux par le cul ! Juron ari√©geois) (Lo diable m'estrope e me sortigue los bud√®ls pel cuol !).

 

¬∑        Le diable emporte le treizi√®me ! : La superstition veut que l'on ne soit pas plus de douze autour d'une table, en r√©f√©rence au dernier repas du Christ qui s'est conclu par la trahison de Judas puis la mort de J√©sus. Ce dicton est cat√©gorique puisqu'il ne laisse aucune chance au treizi√®me ! (Lo diable emporta lo tretzen).

 

diable (suite)

¬∑        Il ne lui manque que les cornes pour √™tre un diable‚Ķ Et qui sait ? : Se dit d'un m√©chant. Mais on rajoute : Il est peut-√™tre cornu‚Ķ s'il est cocu. (Per estre un diable li manca que las banas‚Ķ e qui sap ?)

        Que le diable te patafiole !: Que le diable t‚Äôemporte ! (Mes enfants que la vierge nous patafiole / Plut√īt que de revoir un jour sa fiolle ! "  Pierre P√©ret ; Tonton Cristobal) (Que lo diable te patafi√≤le !).

Dieu

¬∑        C'est un travail fait √† la Dieu me damne ! : C'est un travail b√Ęcl√© ! (Es un trabalh fait a la Diu me damne !).

¬∑        Dieu vivant ! : Mon Dieu ! (Diu vivant !).

¬∑        Dieu vous assiste ! : A vos souhaits (Apr√®s un √©ternuement) (Diu vos assiste !).

¬∑        Bordel de Dieu !  Juron (Bord√®l de Diu !)

¬∑        Canaille de Dieu ! Juron (Canalha de Diu !)

¬∑        Coquin de Dieu ! Juron (Coquin de Dius ! Var. recoquin de Diu)

        Dieu me damne ! Juron (Diu me damne !)

¬∑        Mille dieux ! Juron (Mila Dius)

¬∑        R√©mille dieux ! Juron. Multiplicateur ou racine, quasiment carr√©e, de mille (dieux) (Remiladios !).

        Tonnerre de Dieu ! Juron  (Tron de Dius !).

        Chacun fait comme Dieu l'a fait (Cadun fa coma Diu l'a fach).

        A la maison de Dieu, qui y va y vit : Se dit des religieux, l'√©glise nourrit bien son clerg√©. (MM.: A l'oustau de Di√©u, quau i√© vai i√© vi√©u).

        Dieu aime les petits‚Ķ mais ce sont les grands qui commandent (MM.: Di√©u vau b√®n i pichoun mai li grand coumandon).

        Dieu te garde d'un riche appauvri et d'un pauvre enrichi : Heureux les pauvres car ils verront Dieu, et que les riches se consolent avec le pouvoir (MM.: Dieu te garde d'un riche ampauri e d'un paure enrichi).

        De cinq choses Dieu nous garde : de salaison sans moutarde, de chambri√®re qui se farde, d'un valet qui se regarde, d'un pauvre repas qui tarde et d'un coup de hallebarde (Diu nos garde de cinc causas : de salat sens mostarda, de chambriera que se farda, d'un vailet que se regarda, d'un paure repas quand tarda e d'un cop d'una alabarda).

dimanche

¬∑        Avoir cent ans de dimanches : √ätre vieux comme Mathusalem (Aver cent ans de dimenges).

        Faire la semaine des sept dimanches : Ne rien faire, faire la semaine des quatre jeudis (Far la setmana dels s√®t dimenges).

dindon

        La morve de dindon : L'amarante, queue-de-renard ou passe-velours (La meca de pi√≤t).

¬∑        Il est juste bon √† amener les dindons √† v√™pres : C'est un empot√©, il ne sait rein faire de bon (Es bon per menar los pi√≤ts a vespras).

¬∑        √ätre fier comme un dindon borgne (Estre fier coma un piot borgne).

d√ģner

        Qui d√ģne longuement, doit souper l√©g√®rement : Celui qui fait un gros d√©jeuner doit d√ģner l√©g√®rement. Saine recommandation. (Gasc. : Qui dinna longament, diu sopar leugerament).

        Vive l'amour, pourvu que je d√ģne ! : Vivre d'amour et d'eau fraiche ? Tr√®s peu pour moi ! (Viva l'amor, mai que ieu dinne !)

        Qui a bien d√ģn√© croit les autres repus (Qui a pla dinnat cresi los autres sadols)

dire

¬∑        Bien dire fait rire, bien faire fait taire : De bons actes valent mieux que de bonnes paroles (Gasc. : Bien d√≠ser, h√® arr√≠ser, bien h√®r, h√® carar).

        √áa ne co√Ľte pas √† dire : C'est facile √† dire (Costa pas de dire).

distinguer

        Il ne distinguerait pas une ch√®vre d'un bouc ! : Il n'y entend rien, il est incomp√©tent (Aquel reconeisseri√† pas una cabra d'un boc !).

docteur

        Si la barbe donnait le bon sens, les ch√®vres seraient toutes docteurs : Il ne suffit pas d'√™tre barbu pour √™tre un bon m√©decin. L'habit ne fait pas le moine. (Se la barba donava sens, las cabras sari√°n totas doctors).Voir m√©decin.

doigt

        Avoir le doigt entre deux pierres : √ätre entre le marteau et l'enclume (Aver lo det entre doas p√®iras).

dominus vobiscum

        Un dominus vobiscum : un cur√©.

        Jamais dominus vobiscum n'est mort de faim : Jamais un cur√© n'est mort de faim (Jamai dominus vobiscum n'a crebat de fam).

donner

        Il vaut mieux donner de bon cŇďur ce que l'on ne peut refuser (Val mai donar de bon cor √ßo que l'on pod pas refusar).

        Ce que l'on donne fleurit, ce que l'on mange pourrit (√áo que se dona floris, √ßo que se manja porris).

        Toute √Ęme g√©n√©reuse exulte lorsque ce qu'elle donne pla√ģt (MM.: Touto amo bourgalo se pico, quand v√®i que √ßo que douno plai).

dormir

        Qui dort sans pens√©es, passe son temps heureusement : Dormir du sommeil du juste, en somme‚Ķ (Gasc. : Qui drom sens pensament, passa son temps urosament).

¬∑        Elle va l'aider √† dormir, puis elle rentre √† la maison : Phrase servant √† d√©crire  l'incursion nocturne et passag√®re d'une bonne √Ęme soucieuse du repos d'un honn√™te travailleur. (Va l'ajudar a dormir e apr√®p torna a l'ostal)

drap

        Plus le drap est fin, plus la mite l'attaque : La beaut√© est fragile. (MM.: Au-mai lou drap es fin, au-mai l'arno l'ataco)

E

 

eau

¬∑        Quand l'eau sort au mois mort, toute l'ann√©e elle sort : Quand les ruisseaux et les rivi√®res d√©bordent au mois de d√©cembre, il en sera de m√™me toute l'ann√©e suivante (Gasc. : Quant l'aigat sort au mes mort, totz los mesis de l'an sort).

¬∑        L'eau morte : L'eau stagnante, l'eau dormante (L'aiga morta).

¬∑        Passer l'eau. Traverser la rivi√®re (Passar l'aiga).

¬∑        L'eau douce : L'eau potable (L'aiga do√ßa).

¬∑        Laisser courir l'eau : √ätre insouciant (Daissar c√≤rrer l'aiga).

¬∑        Amener l'eau vers son moulin : Suivre son avantage (Virar l'aiga dev√®rs son molin).

¬∑        Nous n'avons pas encore de l'eau jusqu'au cou : Il n'y a pas p√©ril en la demeure (Avem pas d'aiga duscas al c√≤l).

¬∑        Vouloir mettre de l'eau dans un panier : Vouloir faire quelque chose d'impossible ou d'inutile (Voler posar d'aiga amb un pani√®r).

¬∑        Tomber l'eau : Uriner (Ex.: Je m'en vais tomber l'eau) (Tombar ‚Äď escampar - d'aiga).

        Il ne vaut pas l'eau qu'il boit ! (aussi : il ne gagne pas l'eau qu'il boit !) : Il ne vaut m√™me pas la corde qui le pendra (Val pas l'aiga que beu).

        Aimer l'eau comme celui qui, avec la moiti√© de vin, la trouvait encore trop forte : Pr√©f√©rer le vin (Amar l'aiga coma aquel qu'ambe la mitat de vin la trobava encara trop forta).

        Eau courante, bonne boisson, eau dormante, poison (Aiga correnta, bona bevenda, aiga arrestada, empoisonada).

éblouissant

        Eblouissant comme un soleil de juin (Esbalausit coma un solelh de jun).

Ecce Homo

¬∑        Maigre comme un Ecce Homo : D√©charn√© (comme la repr√©sentation du Christ couronn√© d'√©pines). (Maigre coma un Ecce Homo)

éclair

        Eclair sans tonnerre, signe de chaleur (MM.: Lausset sens tron marco de caud).

        Eclair sur la mer, vent sur la terre (Lamp a la mar, vent a la terra).

école

¬∑        A l'√©cole le cul tremble, √† l'h√īpital, le cul fait mal ! : On redoute d'aller √† l'√©cole, on y tremble devant le ma√ģtre, mais si l'on va √† l'h√īpital au cul on a mal. (Gasc. : A l'escola lo cuu que tremola, a l'espitau, lo cuu que h√® mau !).

¬∑        Quand le ma√ģtre est absent, le diable est √† l'√©cole : Quand le ma√ģtre n'est pas l√†, les √©l√®ves en profitent pour chahuter. (Quand lo mestre es defora, lo diable es a l'escola).

écouter

¬∑        Ecoute le premier, parle le dernier (Gasc. : Escota lo prumer, parla lo darrer).

écu

¬∑        Les √©cus de son p√®re la feront trouver belle : Se dit d'une fille laide ayant bonne dot. [Gasc. : Los escuts de son p√®ro (expression agenaise, pai en gascon) la har√†n trobar bera].

¬∑        Voir venir vaut un √©cu : Attendre pour voir est d'une grande sagesse (Wait and see diraient les Anglais !) (Gasc. : V√©ser v√©nguer vau un escut).

        La musique des √©cus : L'app√Ęt du gain (La musica dels escuts).

effrayé

        Effray√© comme une armoire ouverte (Esfraiat coma un armari dubert).

        Effray√© comme un coq (Esfraiat coma un gal).

églantier

        Attirant comme un √©glantier : Pas attirant du tout, repoussant m√™me (Atirant coma un garabi√®r). Voir : Tentant comme une haie de ronces sans m√Ľres.

église

¬∑        Rat d'√©glise, diable chez lui : Celui qui fr√©quente beaucoup l'√©glise n'est pas forc√©ment un saint chez lui (Gasc. : Arrat de gl√®isa, diable d'ostau).

        Pauvre comme un rat d'√©glise : Pauvre comme Job. Dans une √©glise il n'y a rien √† manger pour un rat (Paure coma un rat de gl√®isa).

        Eglise d'Albi, portail de Conques, clocher de Rodez, cloches de Mende : L'auteur de ce proverbe a indiqu√© ici quelle √©tait pour lui l'√©glise id√©ale (Gl√®isa d'Albi, portal de Concas, cloqui√®r de Rod√©s, campanas de M√®nda)

élégant

¬∑        El√©gant comme un mal de jambe : Antiphrase pour in√©l√©gant ; car qu'est ce qui rend plus in√©l√©gante la d√©marche d'une personne qui a mal √† une jambe ?  (Elegant coma un mal de camba)

embarquer

        Qui s'embarque sur la mer court danger de se noyer : Qui prend des risques doit pouvoir les assumer (Qui s'embarca sus la mar cort dangi√®r de se nagar).

        Qui s'embarque n'a pas toujours beau temps : Qui a de grands projets a parfois des inonv√©nients (Qui s'embarca a pas totjorn bel temps).

embarrassé

        Embarrass√© comme une poule qui trouve un chapelet (Embarrassat coma una galina que troba un rosari).

        Embarrass√© comme une m√®re-poule avec trois poussins (Embarrassat coma una cloca ambe tres polets).

empaillé

¬∑        √ätre empaill√© comme un chaise : Se dit d'une personne indolente, inerte, empot√©e. (Estre empalhat coma una cadiera).

empl√Ętre

        Cet √Ęne doit √™tre bien malade : il porte un sacr√© empl√Ętre ! : Pour se moquer de quelqu'un chevauchant un √Ęne (Aquel ase es pla malaut : porta un fam√≥s emplastre !).

endimanché

        Endimanch√© comme un amandier fleuri (Endimenjat coma un ametli√®r florit).

        Endimanch√© comme le jour de P√Ęques (Endimenjat coma lo jorn de Pascas).

        Endimanch√© comme un jeune mari√© (Endimenjat coma un novi)

endormi

        Endormi comme chat au soleil (Endormit coma cat al solelh).

enfant

        Quand tu vas voir tes enfants, tu fais plaisir au moins une fois. Si ce n'est pas en arrivant c'est en partant (Quand vas faire visita a l'ostal dels efants fas plaser al mens un cop. S'es pas en arribent aqu√≤'s en partiguent).

        Premier enfant, enfant de l'amour (Primi√®r enfant, enfant de l'amor).

        Bel enfant, jusqu'aux dents : Tout est beau chez lui, m√™me ses dents  (MM.: Bel enfant jusqu'i dent).

        Enfant, richesse du pauvre (Enfant, richessa del paure).

        Prendre soin des enfants, m√©tier de sage : Par cons√©quent, Monsieur le ministre, le budget de l'Education Nationale doit √™tre le plus important de tous ! (Prener su√®nh d'enfants, mesti√®r de sage).

        Qui a fait l'enfant le (s'en) d√©merde : Les parents sont responsables des fautes de leurs enfants. (MM. Quau a fa l'enfant, que lou desmergoule).

ennui

        L'ennui rend la ch√®vre niaise (MM.: L'en√≤di fai veni la cabro n√®sci).

ennuyer (s')

¬∑        Il s'ennuie comme un cro√Ľton derri√®re une malle : Il s'ennuie terriblement ! (S'embestia coma un crost√©t darri√®r una mala)

enrichir

        Qui veut s'enrichir en un mois risque d'√™tre pendu en trois : Il n'y a pas d'argent honn√™tement gagn√© en peu de temps. (MM.: Qu v√≤u s'enrichi dins un  mes courre asard d'√®stre pendu'n tres).

enseigner

        Il veut enseigner √† son p√®re √† faire des enfants : C'est un pr√©tentieux, un monsieur-je-sais-tout. (Vol ensenhar son paire a faire los enfants).

enterrer

        Ne te mets pas en peine de qui t'enterrera  : A quoi bon se soucier de ses propres obs√®ques puisque de toute fa√ßon on n'y assistera pas (Non te metas en pena de qui t'enterrar√†).

envie

        Mieux vaut vivre en envie qu'en compassion : Mieux vaut faire envie que piti√© (Gasc. : Vau milhor viure en embeja qu'en compassion).

envier

        Celui qui trop envie n'a rien : Il faut savoir se satisfaire de ce que l'on poss√®de (Gasc. : Lo qui a trop embeja a pas arren).

épais

        Il y aura de l'√©pais ! (Par allusion √† la soupe) : Cela va √™tre particuli√®rement difficile ! (N'i aur√† d'esp√©s !).

épée

¬∑        Un coup d'√©p√©e dans la mer : Un coup d'√©p√©e dans l'eau (Un c√≤p d'espasa dins la mar).

        Vaillant comme une √©p√©e : Tr√®s courageux (Valent coma una espasa).

épervier

        A la griffe on reconna√ģt l'√©pervier (Gasc.SP.: L'esparb√® que-s coun√®ch √† l'urpe).

épier

        Qui √©pie √† la fen√™tre de son voisin court le risque de perdre l'Ňďil : La curiosit√© malsaine peut se retourner contre soi !  (Qui guincha a la fenestra de son vesin corre asard de perdre l'uei).

épine

        Qui s√®me des √©pines n'aille pas nus-pieds : Qui s√®me le vent risque de r√©colter la temp√™te (MM.: Quau semeno d'espino vague pas descaus).

épouvantail

¬∑        Il (elle) ferait un bel √©pouvantail √† faire fuir les pies ! : Il est tr√®s laid ! (Fari√† un bel esporugal per faire fugir las agassas).

        Sembler un √©pouvantail : √ätre mal habill√©. Sembler signifie ressembler dans le Midi.  (Semblar un espaurugalh).

équerre

        Ce mur n'est pas d'√©querre : Ce mur n'est pas droit (Aquela paret es pas d'escaire).

escalier

¬∑        On verra tout au bout ! disait celui qui d√©gringolait l'escalier : Comme celui qui apr√®s avoir saut√© du 150√®me √©tage disait au 100√®me : "Jusqu'ici tout va bien", au 50√®me : "Jusqu'ici tout va bien", etc. Malgr√© la situation on ne peut plus dramatique, gardons quelque espoir. (Veirem tot au bot ! disi√° aquel que barrutlava los escali√®rs).

escargot

¬∑        Le tambour des escargots : Le tonnerre (lo tambor dels escagar√≤ls).

¬∑        Etre aussi p√©nible √† surveiller qu'un panier d'escargots  : ‚Ķcar les escargots s'enfuient dans tous les sens. (Estre tant penible a survelhar coma una banasta d'escagarols).

¬∑        Apr√®s la pluie sort l'escargot et le caquet apr√®s le vin : Le vin d√©lie les langues ; le vin rend bavard ; In vino veritas  ; la v√©rit√© sort de la bouche‚Ķ de ceux qui ont bu. (Apr√®p la pl√®ja sort la cacalausa e lo caquet apr√®p lo vin).

espérance

        Qui se repa√ģt d'esp√©rance, se repa√ģt de vent : Qui vit d'espoirs risque de ne se nourrir que de d√©ceptions (Qui se p√†isse d'esperan√ßa se p√†isse de v√©nt).

¬∑        L'esp√©rance est comme le lait qui longtemps gard√© devient aigre : A force de trop attendre une chose qui ne vient pas, l'aigreur s'empare de celui qui esp√®re. (L'esperan√ßa es coma lo lach qu'en lo gardant ven aigre).

espérer

        Qui esp√®re languit, qui languit d√©sesp√®re (Qui espera languis, qui languis desespera).

essieu

        √ätre solide comme l'essieu du monde (C'√©tait au temps o√Ļ l'on croyait encore que le monde √©tait solide) (Estre solide coma aiss√®l del monde).

estomac

        Mieux vaut souffrir de l'estomac que de l'esprit (Vau mai sofrir de l'estomac que de l'esprit).

étanche

        Etanche comme un panier sans cul : Un panier, ce n'est d√©j√† pas particuli√®rement √©tanche, alors un panier sans cul, imaginez ! (Estanc coma un pani√®r sens cuol).

éternuer

        Quand le malade √©ternue, le m√©decin s'en retourne : Car le m√©decin a peur de se contaminer lui-m√™me (Quand lo malaut estidorna lo medecin s'en torna.)

étoile

¬∑        L'herbe des √©toiles : Le myosotis (L'√®rba de las estelas).

        L'√©toile √† la belle queue : la com√®te (L'estela de la b√®la coa).

        Quand les √©toiles sont voil√©es dans un ciel sans nuages, signe d'orage (Quand las estelas semblan esbegudas e que lo c√®u es ben espurgat, marca d'auratge).

        Quand les √©toiles semblent plus grosses que de coutume, ou sem√©es plus serr√©, le temps va changer (Quand diri√†s que las estelas son plus grandas qu'a l'acostumada, o semenadas plus esp√©s, marca que lo temps v√≤u virar).

étourneau

¬∑        Tomber sur quelqu'un comme un vol d'√©tourneaux sur des raisins : S'abattre sur quelqu'un sans piti√© et par surprise. (Tombar sus qualqu'un coma d'estorn√®us sus de rasim).

        √ätre de la race des √©tourneaux : aimer les olives (Estre ra√ßa d'estorn√®us : amar las olivas)

évêque

        Discuter de la cape de l'√©v√™que : Parler du sexe des anges, parler de choses oiseuses (Disputar de la capa de l'avesque).

exilé

        Re√ßu comme un exil√© : Re√ßu avec les bras ouverts, avec g√©n√©rosit√© (Ah ! si tous les exil√©s √©taient re√ßus de la sorte !) (Re√ßauput coma un exilat).

extraordinaire

        Ce n'est pas l'extraordinaire qui ruine, c'est le quotidien : Allusion aux d√©penses domestiques : un extra occasionnel ne met pas en p√©ril le budget familial, alors qu'une mauvaise gestion quotidienne, si (L'extraordinari ro√Įna pas, es la contunha).

F

 

fagot

        La ficelle vaut mieux que le fagot : L'accessoire vaut mieux que le principal : son costume a beaucoup plus de valeur que sa propre personne (La liga val mai que lo fais).

        Grossier comme un fagot mal attach√© (Grossi√®r coma un fais mal ligat).

faim

        Quand il a faim, il mangerait le sarment de sept vignes ! : Il est capable de tout d√©vorer (Aquel, quand la talent l'agafa, manjari√† la rama de set vinhas).

¬∑        J'ai une faim de neuf jours : J'ai tr√®s faim.  (Ai una fam de n√≤u jorns)

faire

        Il faut bien faire et laisser dire et si on en dit trop, en rire (MM.: Fau b√®n faire e leissa dire e se dison trop, n'en rire).

        Voir faire, savoir faire, vouloir faire et ne pouvoir faire : mauvaise affaire : On peste de voir quelqu'un √™tre incapable de se tirer d'affaire et √™tre soi-m√™me dans l'impossibilit√© de l'aider, alors qu'on en serait capable (Veire far, saber far, voler far e pas poder far, maissanta afar).

        Je fais qu'arriver : J'arrive √† l'instant. (ne faire que).

¬∑        Entre le dire et le faire il y a trois lieues de chemin : Autrement dit, parler est beaucoup plus facile qu'agir. (Entre lo faire e lo dire i a tres legas de camin).

        Il croit bien faire, comme celui qui a jet√© son p√®re par la fen√™tre : Il agit en d√©pit du bon sens (Crei de ben faire, coma aquel que jit√®t son paire de la fenestra).

fait

        Il est fait ce mec ! : Il est fou !

farceur

        Farceur comme un chat de bois (Recherche anecdote concernant farce commise par chat de bois). (Farcejaire coma un cat de bo√®s).

farine

        M√©langer le son et la farine : M√©langer le bon et le mauvais (Gasc.sp. : Abarrej√† lo br√©n e la harie).

        Farine fra√ģche et pain tendre aident la maison √† descendre ; farine moulue et pain dur rendent la maison s√Ľre : Les deux premiers poussent √† une consommation excessive et au gaspillage, les deux seconds, aux √©conomies.

        Pain d'un jour, vin d'un an, farine d'un mois : Le pain n'est gu√®re bon au del√† d'une journ√©e, le vin doit √™tre fait pour l'ann√©e mais la farine ne doit pas √™tre moulue pour plus d'un mois d'avance.  (Pan d'un jorn, vin d'un an, farina d'un mes).

fatigué

        √ätre fatigu√© comme un √Ęne aux vendanges (Estre en fatiga coma un ase per vend√©mia).

faux

¬∑        Il s'affaire comme les faux √† la No√ęl ! : A  la No√ęl les faux sont remis√©es, cela veut dire qu'il s'affaire sachant tr√®s bien qu'il ne fera rien : c'est un grand paresseux.  (Es en fatiga coma las dalhas a Nedal !).

        Voil√† le tranchant de la faux ! : Voil√† le nŇďud de l'affaire (Aqui lo talh de la dalha).

        Il faut piquer la faux (Il faut battre la faux).  En mettre un coup (Cal picar la dalha)

        Var.: C'est le moment de piquer la faux : C'est le point difficile (Es lo picar de la dalha).

femme

Les nombreux proverbes sur la femme sont particulièrement antiféministes. Le Midi de la France en compte des centaines. Le milieu rural participe amplement à cette profusion. Nous avons sélectionné ceux qui nous paraissaient acceptables. Voir Misogynie. Voir aussi : aiguille, carnaval, chèvre, chienne, diable, homme, juillet, lune, poule, soleil, sommeil, sou, truie, vin.

        Beaut√© de femme et bon vin vous r√©veille de grand matin (Beutat de fenna e bon vin fan derevilhar matin).

        Une brave femme dans une maison vaut mieux que terres et b√©tail (Brava fenna dins un ostal val mai que terras e cabal).

        C'est la femme qui fait la maison : C'est elle qui assure la bonne marche du foyer (Es la fenna que fa l'ostal).

        Var.: Sans √™tre des ma√ßons, les femmes font et d√©font les maisons (Las fennas son pas de ma√ßons, mai fan e desfan las maisons).

        Une femme de maison : Une femme d'int√©rieur ; une femme d'ordre (Una femna d'ostal)

        La main des femmes peut gu√©rir (La man de fennas p√≤t sanar)

        .Prend une femme, ni si belle qu'elle tue, ni si laide qu'elle fasse peur (MM. : Fau prene una femo ni tant bello que tue, ni tant laido que faigue esfrai).

¬∑        Femme boiteuse, maison droite : Les femmes boiteuses avaient la r√©putation d'√™tre rigoureuses et strictes. (Fenna g√≤ia, ostal drech).

        Deux choses enchantent la vue : cheval fier et jolie femme (Dos causas plaisan a la vista : chaval fier e fenna polida).

¬∑        Cartes, femme et salade ne sont pas jamais assez boul√©gu√©es : Boul√©guer dans le Midi signifie remuer. (Cartas, fennas e salada son jamai pro bolegadas).

        Quand la femme revient de la rivi√®re, elle se mangerait le mari tout vif : Conclusion : L'eau fraiche ouvre l'app√©tit ! (Gasc.: Quand la henna torna d'eth arriu, qu'es minjari√† eth ome tot viu).

¬∑        Une femme grosse a un pied dans la fosse ! : Un r√©gime s'impose donc, Madame. (Gasc. : Ua henna grossa, a un p√® dens la hossa).

fermer

        Il ne ferme pas de toute la journ√©e : Il n'arr√™te pas de parler (Barra pas de tot lo jorn).

ferrer

        S'y entendre comme pour ferrer un chien : √ätre incomp√©tent (puisque les chiens n'ont pas √† √™tre ferr√©s)   Aquel s'i coneis coma de ferrar un gos.

        Ferrer la mule : S'enrichir (Ferrar la mu√≤la).

feu 

 

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